Comment ça fonctionne
Quand l’intérêt short est élevé (le pourcentage du float vendu à découvert), même des catalyseurs haussiers modérés forcent les shorts à faire face aux appels de marge. Pour répondre aux appels ou plafonner les pertes, les shorts rachètent les actions sur le marché, ajoutant de la pression acheteuse. D’autres shorts voyant leur P&L se détériorer couvrent aussi, composant le squeeze. Les short squeezes s’auto-renforcent jusqu’à ce que l’intérêt short s’épuise ou que le titre soit à court d’actions disponibles à emprunter, forçant la clôture de position.
Exemple
GameStop janvier 2021 : l’intérêt short dépassait 140 pour cent du float (certaines actions étaient prêtées et re-prêtées). Une campagne d’achat retail coordonnée a forcé les shorts à couvrir, faisant passer le prix de 20 $ à un pic de 483 $ en deux semaines. Volkswagen octobre 2008 est brièvement devenu la société la plus valorisée au monde sur un squeeze orchestré par Porsche qui a fait passer le prix de 200 € à plus de 1 000 € en deux jours. Les deux ont fini avec le même schéma de retracement : pic stratosphérique, puis effondrement près des niveaux pré-squeeze en quelques semaines.
Pourquoi c’est important
Les short squeezes sont des événements extrêmes qui font perdre de l’argent aux deux côtés sur le cycle : les shorts sont forcés à sortir au sommet, puis les longs qui chassent le pic sont détruits dans le déroulement. La leçon pour les shorts : ne jamais shorter un titre à intérêt short élevé sans stop dur. La leçon pour les longs : un rally de squeeze est fondamentalement insoutenable ; ne confondez pas l’achat forcé avec une nouvelle information haussière. La chute post-squeeze est mathématiquement inévitable à mesure que l’offre se normalise.